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jeudi 28 février 2008

Birmanie actualité (suite)


Mise à jour au 29 février


29 février

  • John Rambo : L'eternel retour du Dieu du Carnage

Rien ne change jamais." Cette sentence fataliste que ne manque jamais une occasion d'énoncer le héros du nouveau film de Sylvester Stallone se comprend de plusieurs façons. On peut d'abord la lire comme la justification de ce quatrième volet. Si rien ne change, a priori la figure qu'incarne l'acteur-réalisateur est restée telle qu'on l'avait laissée, telle qu'elle sera toujours, prête à servir. Et remettre en scène le personnage de Rambo (après l'avoir déjà fait avec Rocky) irait ainsi naturellement de soi.

Il est toujours là et les vingt années qui séparent le film de la précédente aventure du personnage (Rambo 3, de Peter McDonald, où il mettait en échec l'armée russe en Afghanistan) n'ont en rien altéré sa raison d'être. Affirmer que rien ne change, c'est couper l'herbe sous le pied à ceux qui ne voient dans ce retour que le sursaut ridicule d'une star qui ne voudrait pas décrocher.

CHASSEUR DE SERPENTS

Cette constatation résignée est aussi le principe profond, sombre, au bord d'une vision naïve et nihiliste en même temps, de ce quatrième volet, bien différent des précédents, même s'il fonctionne sur la mémoire programmée de ce que fut le personnage de Rambo dans les années 1980. Que peut devenir une icône reaganienne dans un monde où le mur de Berlin est tombé, où l'ennemi est partout et nulle part ?

Face aux bouleversements géopolitiques, Rambo reprend du service pour une cause simple, presque désuète : sauver des missionnaires capturés par des soldats d'une unité de l'armée birmane, érigés en méchants absolus. D'authentiques images d'actualité montrant la répression qui s'abat régulièrement sur les opposants en Birmanie, attestant, dès le générique, de la réalité de cette situation. Mais ici la cause que défend John Rambo est moins importante que le traitement infligé à la manière d'agir de celui-ci.

Installé en Thaïlande, le vétéran du Vietnam est devenu un misanthrope chasseur de serpents. Lorsque des volontaires d'une église évangéliste lui demandent de les accompagner en territoire birman, dans un endroit habité par les Karen, communauté chrétienne en rébellion contre la junte birmane, celui-ci commence par refuser (vouloir changer les choses est illusoire) pour finalement accepter. Une volte-face dont on comprendra la raison progressivement : les beaux yeux de la jeune femme qui accompagne l'équipage humanitaire. A peine a-t-il tourné le dos que les missionnaires se font capturer.

INCROYABLE BRUTALITÉ

Dès lors, Rambo, à qui l'on adjoint de force une poignée de mercenaires, des cabotins plus ou moins fiables, n'a d'autre choix que de les sauver, une opération qui s'accompagnera de l'extermination totale de l'unité birmane qui s'est emparée d'eux. Le mutisme stoïque et farouche d'un personnage en voie de minéralisation devient un atout pour un film qui substitue au pathos prévisible (la détresse de celui qui ne sait faire que la guerre) une rhétorique de la litote (l'histoire d'amour impossible se déduit plus qu'elle ne s'affirme) et une incroyable brutalité.

John Rambo obéit sans vergogne à une logique qui le fait ressembler à une série B des années 1970, les moyens en plus. Tortures, viols, exactions diverses se paient d'un carnage insensé où les corps sont réduits en charpie numérique et les mauvaises pulsions du spectateur assouvies par tous les moyens.

Pourquoi le film a-t-il quelque chose d'émouvant qui emporte finalement le morceau ? Sans doute dans la ténacité d'un réalisateur-interprète qui se glisse à nouveau dans la peau d'un personnage impossible et poursuit son bonhomme de chemin, avec la foi du charbonnier. Car aujourd'hui, si l'industrie hollywoodienne tolère à nouveau une brutalité permise par les effets spéciaux numériques, elle n'imagine sans doute pas un tel traitement de l'action, loin de toute aseptisation
Source : lemonde


  • Parodie démocratique en Birmanie
Myanmar . La junte interdit toute critique à sa réforme institutionnelle.
Les militaires prennent leurs devants. La nouvelle Constitution birmane n’est pas encore connue dans ses détails qu’une nouvelle loi prévient déjà : « Toute tentative visant à détruire le referendum (pour l’adoption de ce nouveau texte) par un discours en public et la distribution de tracts » pourrait en coûter à ses auteurs jusqu’à trois ans de prison ou 100 000 kyats (55 euros) d’amende.

Le 9 février dernier, à la surprise générale, la junte a annoncé la tenue, en mai, d’une consultation nationale sur un projet de constitution. Des élections multipartites devraient suivre en 2010. Cependant, le chef de la cour suprême birmane, Aung Toe, qui a présidé la commission chargée d’élaborer ce projet, a expliqué que « le texte avait pour objectif d’assurer un rôle politique de premier plan aux militaires ». Un communiqué de la junte précisait même : « L’administration doit se transformer en système administratif, démocratique et civil. ».

Des opposants au régime birman ont qualifié cette annonce de « farce » visant à « légitimer » le rôle politique des militaires. Ils estiment que le processus constitutionnel n’est pas démocratique car il est conduit sous la houlette de la junte, sans intervention des partis indépendants, dont le principal est la Ligue pour la démocratie (LND) d’Aung San Suu Kyi. Pis : Le gouvernement a annoncé que les personnes ayant été mariées à un étranger n’étaient pas éligibles, disqualifiant de fait Aung San Suu Kyi, épouse d’un Britannique, décédé d’un cancer en 1999.

Une manière d’empêcher la prix Nobel, qui a passé douze des dix-neuf dernières années en prison ou assignée en résidence, d’espérer accéder au pouvoir. Ce qui décrédibilise encore plus la volonté démocratique de la junte.

Laurent Tourneux- source : l'humanité.fr






28 février
  • L'internet Birman toujours sous surveillance



Les organisations de défense de la liberté de la presse, Reporters sans frontières et la Burma media association, dénoncent la situation de l’Internet en Birmanie et demandent la libération du blogueur Nay Phone Latt.

"Voici un mois que Nay Phone Latt est détenu abusivement. Les autorités l’ont d’abord inculpé au titre de l’Emergency Provision Act pour atteinte à la moralité. C’est un chef d’accusation très vague, qui permet d’arrêter tous les activistes qui propagent des idées contraires à la politique de la junte au pouvoir. Les autorités lui reprochent d’avoir été en possession d’un film qu’elles jugent contraire à leur idéologie. Il risque trois ans de prison. Nous demandons aux autorités de le relâcher", ont déclaré les deux organisations.

Nay Phone Latt, blogueur et propriétaire de deux cybercafés à Rangoon, a été arrêté le 29 janvier 2008 au titre de la section 5 (J) de l’Emergency Provision Act de 1950, qui s’applique à tout individu ayant "intenté à la moralité ou à la conduite d’un groupe d’individus ou des individus en général qui porterait atteinte à la sécurité, à la stabilité ou à la restauration de l’ordre".

D’après sa famille, une nouvelle charge pèse à son encontre en vertu de la loi régulant la télévision et la vidéo (http://www.blc-burma.org/html/myanmar%20law/lr_e_ml96_08.html), qui instaure le contrôle de tous les contenus politiques par le gouvernement et peut condamner l’accusé à trois ans de prison. Il est inculpé au titre de la section 32b de cette loi qui concerne "toute personne accusée de copier, distribuer, héberger ou montrer une vidéo qui n’a pas obtenu d’autorisation" de la part du gouvernement. Nay Phone Latt serait serait en possession d’une vidéo d’une pièce de théâtre traditionnelle birmane, le "A-Nyeint", de la troupe "Thu-Lay-Thi" ("Quatre fruits"). Ses spectacles sont actuellement interdits en Birmanie.

Depuis janvier 2008, les cybercafés font l’objet d’un contrôle strict de la part des autorités. Leurs propriétaires doivent conserver les données de leurs clients et les faire parvenir chaque semaine à une unité spéciale de police du département de l’information. Selon le magazine indépendant Irrawady (http://www.irrawaddy.org/), "certains militaires du régime renforcent leur présence dans les cybercafés, car ils deviennent des lieux de rencontre où il est possible de partager différents points de vue et opinions". Le réseau Internet connaît également un ralentissement de la connexion, qui empêche notamment l’utilisation de logiciels destinés à contourner la censure, est observé depuis quelques semaines.

Par ailleurs, Reporters sans frontières et la Burma media association demandent aux autorités de fournir des explications sur l’arrestation des journalistes Thet Zin et U Sein Win Maung, respectivement rédacteur en chef et directeur du Myanmar Nation. Ils ont été arrêtés le 15 février 2008, sans qu’aucun motif n’ait été invoqué. Les autorités leur reprocheraient d’être en possession de documents qu’ils auraient téléchargés sur Internet. Les bureaux du magazine ont été fermés par la police qui a laissé entendre que l’arrestation était liée à leurs activités.



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