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lundi 18 février 2008

Birmanie : Censure et arrestations continuent

Mise à jour au 19 février



Le 19 février

  • Aung San Suu Kyi privée d'élection dans le projet de Constitution birmane
La dirigeante de l'opposition birmane Aung San Suu Kyi ne pourra se présenter à une élection en vertu du projet de Constitution que la junte vient de finir de rédiger, ont annoncé mardi les autorités.

Le ministre birman des Affaires étrangères Nyan Win "a été tout à fait clair sur le fait que dans la nouvelle Constitution, un citoyen du Myanmar (Birmanie) qui a un mari étranger, qui a des enfants n'étant pas des citoyens du Myanmar serait disqualifié, comme dans la Constitution de 1974", a déclaré devant la presse à Singapour le chef de la diplomatie singapourienne, George Yeo.

Agée de 62 ans, la lauréate du Prix Nobel de la Paix, assignée à résidence pendant la majeure partie des 18 dernières années, avait épousé le Britannique Michael Aris, mort d'un cancer en 1999, et leurs deux enfants sont des ressortissants du Royaume-Uni.

George Yeo a précisé que son homologue birman avait fait cette mise au point pendant un dîner sur un bateau au large de Singapour réunissant les ministres des Affaires étrangères des pays de l'Association des nations d'Asie du Sud-Est (Birmanie, Thaïlande, Indonésie, Malaisie, Philippines, Singapour, Vietnam, Brunei, Laos et Cambodge).

Le ministre singapourien a ajouté que l'émissaire de l'ONU Ibrahim Gambari avait finalement été autorisé par Rangoun à se rendre en Birmanie début mars, alors que sa visite était initialement prévue pour fin avril, au grand dam de l'Union européenne selon laquelle cette date devait être avancée. (...)

Source : AFP : Lire la suite : 20minutes

  • Un homme détenu par la Police meurt en détention
Soupçonné de vol, un homme a été trouvé mort le quatrième jour de sa détention.
Ko San Thaung a été arrêté par la police locale le 27 janvier...
Des soupçons ont été émis : Le traitement brutal de la police de San Thaung, pendant les interrogatoires, pourrait être la cause du décès. A son arrivée à l'hopital il était déjà mort..
Sa famille a déposé une plainte auprès de la police et demande une enquête sur sa mort (...)
Source : DVB


18 février:

Remarques : Le 31 janvier, Reporters sans frontières et la Burma Media Association avaient déjà condamné fermement l’arrestation du blogueur et écrivain Nay Myo Latt.
Aujourd'hui, ils dénoncent deux nouvelles arrestations de Journalistes
Souvenez vous :
Reporters sans frontières et la Burma Media Association avaient dénoncé les récentes mesures prises par le Bureau de la censure contre la version en birman de l’hebdomadaire Myanmar Times qui avait déjà été interdit pendant une semaine pour avoir publié dans son numéro du 11 janvier un article sur l’augmentation du prix des licences de parabole satellitaire.
Ainsi le Journal était déjà dans le collimateur de la junte

  • Le rédacteur en chef et le directeur du Myanmar Nation arrêtés, l’hebdomadaire fermé

Reporters sans frontières et la Burma Media Association dénoncent l’arrestation de Thet Zin et U Sein Win Maung, respectivement rédacteur en chef et directeur du Myanmar Nation, dans la soirée du 15 février 2008, à Rangoon. La police a fermé l’hebdomadaire après avoir confisqué de nombreux documents. Thet Zin est malade du cœur et des poumons.

"Les promesses de la junte militaire, qui affirme qu’un processus démocratique est en cours, ne peuvent cacher la répression qui sévit contre les journalistes et les opposants. Ces nouvelles arrestations de responsables d’un journal privé, sans qu’aucun motif ait été invoqué, témoignent de la volonté de la junte militaire de contrôler toute information et de maintenir la peur parmi les journalistes", ont affirmé les deux organisations.

"Nous appelons le médiateur Ibrahim Gambari à condamner l’arrestation des deux responsables du Myanmar Nation qui pourrait être liée à la présence dans les bureaux du journal d’une copie du rapport de son collègue Paulo Sergio Pinheiro", ont ajouté Reporters sans frontières et la Burma Media Association.

Thet Zin, âgé de 41 ans, et U Sein Win Maung ont été arrêtés le 15 février par des agents de la police et du renseignement qui ont également fouillé les locaux de l’hebdomadaire Myanmar Nation pendant quatre heures. Ils ont confisqué de nombreux documents, dont un du rapporteur spécial des Nations unies sur les droits de l’homme en Birmanie, Paulo Sergio Pinheiro, des vidéos des manifestations populaires d’octobre dernier et des poèmes. Les deux responsables ont été placés en détention dans les locaux du ministère de l’Intérieur.

"Je ne sais pas pourquoi ils ont été arrêtés et je suis très inquiète", a déclaré la femme de Thet Zin, Khin Swe Myint. Cette ancienne prisonnière politique a pu rencontrer son mari dans la matinée du 18 février 2008. Thet Zin lui aurait dit qu’il allait être transféré dès le 19 février à la prison d’Insein, et qu’il encourait une peine de dix ans de prison. Mais il ne connaît pas les charges qui pèsent contre lui.

Le 18 février, des policiers ont de nouveau perquisitionné les locaux du Myanmar Nation. Ils ont confisqué d’autres documents. Les bureaux du magazine ont été fermés par la police qui a laissé entendre que l’arrestation était liée à leurs activités.

Par ailleurs, Reporters sans frontières et la Burma Media Association demandent aux autorités birmanes de fournir des informations sur la situation de plusieurs journalistes et écrivains arrêtés au cours des derniers mois :
Nobel Aye, journaliste au Reader’s World Journal, arrêtée en août 2007 ;
Lay Lay Mon, écrivain au Teen Magazine ;
Min Han, poète détenu depuis le 2 janvier 2008 à la prison d’Insein ;
Nay Htet Naing, poète détenu depuis le 2 janvier 2008 à la prison d’Insein ;
Ko Ko Maung alias Zaw Lu Sein, poète.

Source : Reporters sans frontières

Remarque : Il faut ajouter à cette liste :
Nay Myo Latt, écrivain, arrêté le 29 janvier



  • Première Réaction officielle de la LND au projet de référendum
RANGOUN (Reuters) - La Ligue nationale pour la démocratie (LND) d'Aung San Suu Kyi a critiqué (ce lundi 18 février ) le projet de référendum constitutionnel de la junte au pouvoir au Myanmar, sans toutefois appeler à voter "non".

Réagissant pour la première fois officiellement à l'annonce par les militaires, le 9 février, de l'organisation d'élections en 2010 précédées d'un référendum en mai prochain, la LND a dénoncé des initiatives qui "aggraveront les crises politique, économique et sociale auxquelles le pays est confronté".

"Cela ne favorise pas la tenue d'un dialogue politique significatif et la réconciliation nationale, dont le pays a désespérément besoin", a-t-il ajouté dans un communiqué.

La LND, qui avait remporté en 1990 des élections finalement annulées par les militaires, a boycotté le processus d'élaboration d'une nouvelle Constitution pour protester contre l'assignation à résidence de sa chef de file Aung San Suu Kyi.

Dans son communiqué, le parti ne précise pas s'il prendra part au référendum ou aux élections, dans l'hypothèse où il sera autorisé à y participer.

D'autres mouvements d'opposition ont déjà appelé à voter "non" au référendum constitutionnel, estimant que la nouvelle Constitution est une façon pour la junte de consolider sa mainmise sur le pouvoir.

Pour la LND, le projet des militaires "troublera la paix et la stabilité dans le pays et déshonorera le pays au sein de la communauté internationale".

"Les autorités seront responsables de toutes les conséquences", a ajouté le parti dans son communiqué.

Les premières "fuites" dans la presse officielle montrent que la Constitution prévoit d'accorder un quart des sièges du parlement aux militaires, avec le droit de veto sur toutes les décisions prises par les législateurs. Le chef des armées aurait quant à lui le droit de nommer les ministres et d'assumer les pleins pouvoirs "en période d'urgence".

Aung Hla Tun, (traduction: Jean-Stéphane Brosse)


Source : Reuters (Rangoon) + information publiée en l'état par plusieurs Média comme: l'express, le monde, challenges ect....


Pour rappel :

La junte militaire avait annoncé samedi 9 février 2008 qu’un référendum pour adopter le projet de Constitution aurait lieu en mai 2008, suivi en 2010 par des élections législatives "multipartites".

C’est la première fois que la junte fixe un calendrier pour les étapes de « la feuille de route en sept points pour une transition vers la démocratie » présentée en 2003.

Or cette annonce surprise doit être prise avec précaution. Ne serait-elle pas un moyen pour gagner du temps et calmer la pression venant à la fois de l’intérieur et de la communauté internationale ? Car comme à son habitude, la junte adopte une attitude pleine de contradictions en annonçant des élections libres après avoir réprimé violemment les manifestations de septembre 2007 ; tout comme après ces manifestations elle a nommé un officier de liaison pour engager une réconciliation avec l’opposition tout en poursuivant les arrestations et restreignant encore davantage les libertés individuelles.

Rappelons en effet que le projet de constitution a été rédigé par des membres exclusivement nommés par la junte et que le parti d’opposition (LND) a boycotté ce processus en signe de protestation contre la détention d’Aung San Suu Kyi. Ainsi, ce projet de constitution attribue aux généraux un rôle prépondérant dans l’administration du pays et empêcherait Suu Kyi de se présenter à une fonction élective du fait qu’elle a été mariée à un étranger. De plus, l’opposition se trouve en position de grande faiblesse en ce début d’année 2008 : selon Amnesty International, quelque 700 personnes ayant manifesté en septembre 2007 ont rejoint les 1 150 prisonniers politiques de Birmanie.

Dans ces conditions, il n’est donc pas surprenant que l’opposition reste sceptique, s’étonnant également que les dates des élections législatives soient fixées avant même que les résultats du référendum pour ratifier la constitution ne soient connus


En savoir plus : Lire ICI (Rubrique du 9, 10 et 11 février )

Lire aussi : Karuna



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