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samedi 14 juin 2008

Birmanie, une leçon de vie



Une leçon de vie, de courage et d'humilité....


Ci après des extraits d’une interview d'une petite fille de 11 ans, originaire du village de Pan Nyein, près de Labutta. Elle a survécu au cyclone Nargis ainsi que son jeune frère et sa jeune sœur. Le reste des membres de sa famille et de ses proches ont péri.

Cet interview a été réalisé par
Mya Hnin Aye pour The Voice Weekly

L’article original se trouve en Birman sur MM Thinker Blog, et la traduction anglaise sur le blog de Sit Mone . La traduction française est de Sophie du blog Birmanie Libre


Voice: Peux tu s’il te plait nous dire ton nom et aussi celui du village où tu habitais
AAS: Mon nom est Aye Aye Soe. Nous sommes du village de Pan Nyein, qui est près de Labutta.


Combien y a-t-il de personnes dans ta famille ?

AAS: Six. Trois sont encore en vie. Mon père, ma mère et mon frère de 10 ans, tous sont morts pendant le cyclone. Seul le corps de mon père a été retrouvé après le cyclone. Aussi, tous mes proches sont morts avec le cyclone Nargis.

S’il te plait, dis nous les noms de ton frère et de ta soeur qui sont en vie

AAS: Ma soeur qui a 6 ans s'appele Aye Mya Mon, mon frère Ye Thet Kyaw, il a 3 ans.

Allais tu à l’école ? (avant le cyclone)

AAS: Non, je m’occupais de mes jeunes frères et soeurs, pendant que mes parents (travaillaient) dans les champs de riz. Seul mon frère de 10 ans qui est mort allait à l’école.

Peux tu nous raconter s’il te plaît ce qui s’est passé ce jour là ?

AAS: Mes frères et soeur, moi et ma mère étions à la maison ce jour là (le jour où le cyclone a frappé). Ma mère est allée cherché du riz auprès de mon père. (Son père était probablement dans un entrepôt de riz). Quand ma mère est revenue à la maison, alors le cyclone a commencé.

Plus tard notre maison s’est effondrée à cause du vent puissant. Lorsque la maison s’est effondrée, ma mère nous a laissé et est aller chercher mon père pour le ramener à la maison. Nous avons vu nos voisins commencer à s’enfuir après que leurs maisons se soient effondrées. Alors nous les avons suivis. Mon frère (de 10 ans) a suivi un homme qui nous a dit que le pont était toujours intact (plus tard il s’est avéré que c’était faux). A cause de cela il est mort.

L’eau a commencé à monter alors que l’obscurité tombait, et nous avons arrêté de courir parce que nous ne savions pas ou aller. A la place, nous avons essayé de grimper aux arbres. Mais nous n’étions pas capables d’atteindre le tronc à cause du vent puissant et des hautes vagues. Nous nous sommes presque noyés dans les vagues qui ont suivi le cyclone.

Finalement, un oncle du village de Pan Nyein nous a fait monter. Tout de suite après cela il a été frappé par une très grosse vague et a disparu. Il a été trouvé mort le matin suivant.


Etiez vous les trois frères et sœur ensemble pendant pendant le cyclone ?

AAS: Oui, nous n’avons jamais été séparés. Mon frère était accroché sur mes épaules pendant que je tenais ma sœur. Nous nous sommes tenus ensemble, parce que nous avons décidé de vivre ou de mourir ensemble.


As tu trouvé des villageois de Pan Nyein dans ce camp?

Oui, seulement 12 des 200 du village ont survécu. Seulement 3 femmes. Parmi les enfants nous sommes les seuls survivants. Tous nos proches sont morts.


Depuis que tu es dans ce camp, qu’as tu reçu ?

AAS: Du riz a été distribué ; mais nous ne sommes pas allé le chercher parce que nous n’avons rien pour cuisiner. S’il y a une distribution de porridge, nous la prendrons et la partagerons entre nous. Il n'y a pas longtemps, nous avons reçu une somme de 500 Kyats (0.5 $) pour moi et 250 kyats pour mon frère et aussi pour ma soeur. Avec cet argent nous avons acheté du riz et de la nourriture pour nous tous.


Pourquoi as tu amené ton frère dans cette clinique ?

AAS: Il est malade depuis la nuit dernière. Je lui ai donné le sel d’hydratation donné par l’infirmière, mais il n’allait pas mieux. Il a continué à vomir et ne s’est pas arrêté jusqu’à maintenant. Ce matin il a demandé de la nourriture, parce qu’il a l’air d’avoir faim. Mais je n’ai pas pu lui en donner parce que je n’ai pas d’argent. Maintenant il devient faible et épuisé parce qu’il ne cessa pas de vomir.


Que veux tu dire d’autre ?

AA: Je ne sais pas. Mes parents et tous mes proches sont morts. Je ne peux pas penser à ce que je vais faire après. Maintenant, nous mangeons et portons (les vêtements) tout ce qui nous est donné. Certainement je vais protéger mon frère et ma sœur par tous les moyens. On m’a dit que le professeur d’école de mon frère mort viendra nous chercher bientôt.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

merci pour ce magnifique témoignage